Le « Famadihana », une tradition ancrée dans la culture malgache

Madagascar, terre de traditions et de coutumes. Des coutumes qui diffèrent pour chaque tribu et pour chaque région de la grande île. Mais il existe certains rites traditionnels qui sont communs à la plupart des Malgaches mais avec, cependant, plusieurs variantes régionales. Le « famadihana » ou le retournement des morts en fait partie. Même si les influences des civilisations occidentales ainsi que celle de la religion chrétienne ont quelque peu ralenti la pratique de ces rituels funéraires ces dernières années, les Malgaches continuent tout de même à rendre un fervent hommage à leurs morts. La croyance malgache veut même qu’une fois les cérémonies relatives à l’exhumation du corps terminées, le défunt accèderait au titre d’ancêtre et pourrait désormais apporter sa bénédiction et sa protection aux membres de sa famille.

 

L’histoire

La population malgache actuelle est le fruit d’un métissage de peuples venus d’Afrique, d’Asie, du Proche-Orient et de l’Europe. Le famadihana fait partie de cet héritage culturel asiatique, même si sa forme actuelle n’est apparue que très tardivement. Si en Europe, le famadihana s’apparente à de simples coutumes funéraires, pour les Malgaches, il a une portée plus symbolique. Au tout début, cette pratique était destinée à rapatrier dans le caveau familial le corps d’une personne décédée loin de sa région d’origine pour lui permettre de reposer auprès des siens. Une fête est alors organisée à cette occasion.

Actuellement, ce rituel est aussi pratiqué pour permettre à la famille du défunt de le recouvrir d’un nouveau linceul, le « lamba mena », pour lui éviter ainsi d’avoir froid. Un moyen aussi d’honorer les ancêtres. Selon chaque famille, le famadihana peut être organisé tous les 3, 5 ou 7 ans tenant compte des finances car ces cérémonies sont généralement couteux. Il faudra en effet racheter de nouveaux linceuls, organiser un repas copieux pour les convives et payer les musiciens et les danseurs. Ce rite dure généralement deux à trois jours.

Une personne ayant rêvé qu’un membre défunt de sa famille lui aurait demandé de le recouvrir parce qu’il avait froid serait l’élément déclencheur du rituel. Dans la croyance populaire malgache en effet, les morts participeraient au monde des vivants et communiquent avec ces derniers à travers des rêves ou par d’autres moyens.

 

Le rituel

Le « mpanandro » (devin) détermine le jour et l’heure propice pour la cérémonie. Il fixe son choix après avoir consulté les ancêtres. Le mpanandro est un personnage important dans la culture malgache. Avant chaque célébration familiale, il est coutume de le consulter pour lui demander son avis afin qu’il puisse prévoir le jour idéal pour un mariage, pour une circoncision ou pour tout autre évènement important afin de ne pas entrer en contradiction avec les ancêtres et risquer ainsi de leur être désagréable. La date de l’exhumation est connu un an à l’avance. La cérémonie se déroule en général en hiver, de juin à septembre, pour des raisons sanitaires principalement.

La fête, à laquelle seront conviées la famille, les amis ainsi que les habitants du village, doit avoir lieu dans une demeure non loin du tombeau familial. Un repas sera servi à ces convives pendant les quelque jours que durera la cérémonie. Les musiciens et les danseurs payés pour l’occasion animeront ces festivités.

Une fois le discours du chef de village ou d’un représentant de la famille achevé, le corps du défunt sera retiré du tombeau et sera porté par les membres de la famille jusqu’à l’endroit désigné par le mpanandro pour un moment de recueillement. Les corps seront ensuite emballés dans de nouveaux linceuls et seront emportés pour une dernière tour de danse autour du caveau pour être ensuite replacé dans à sa place une fois le famadihana effectué.

Les nattes qui auront servies à transporter les corps du défunt seront ensuite partagées entre les membres de la famille car selon la croyance elles apporteraient protection et fertilité.

 

Article proposé par Marco Vasco Madagascar

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