Le moring, sport de combat ou danse africaine?

Vecteur identitaire dans les Îles de l’océan Indien, le moring est un sport de combat, originaire de Madagascar sous le nom de moraingy qui veut dire « lutte-boxe ». C’est une forme de combat debout à main nue, incluant les coups de pieds, de genoux et parfois les coups de tête. De nos jours, on en trouve encore une pratique authentique à Madagascar et dans l’archipel des Comores qu’on appelle mrengué. Le moring est pratiqué au rythme de percussions jouées pendant les matches ou les entraînements qui animent la manifestation. Vous retrouverez ce sport aussi sur l’île de la Réunion où le moring malgache et le mrengué des Comores fusionnent pour donner un moring réunionnais « Batay Kréol « . D’après certaines sources, le Moring a été pratiqué à l’Île Maurice et aux Seychelles où il a complètement disparu aujourd’hui.

Historiquement, le moring trouve son origine au XVIIIe siècle dans les grandes exploitations de canne à sucre. Il est beaucoup plus probable, selon les connaissances d’aujourd’hui, que le moraingy malgache vienne du Tomoi malais. Il aurait selon toute vraisemblance, été introduit à Madagascar, tout au long du peuplement de la grande île, par les migrations austronésiennes (Malaisie, Indonésie, ..).

À Madagascar, aux îles Comores et à la Réunion, le combat commence toujours par un défi. Le rituel identique pour tous les combattants: un compétiteur sort de la foule et provoque un adversaire potentiel pendant qu’une équipe de musiciens anime la manifestation au rythme du martèlement de tambours ou à défaut de bidons en zinc. Le défi peut aussi s’exprimer par des cris de guerre. Pour relever la provocation, un homme sortira de la foule pour affronter le premier combattant. Selon le style pratiqué, les techniques utilisées varient en fonction des coutumes du pays. La tenue vestimentaire des pratiquants se compose d’une chemise blanche et d’un pantalon. Toutefois il n’est pas rare de voir des adversaires s’affronter torse nu, le bas du pantalon remonté jusqu’au mollet et pieds nus.

Comparer le moring par sa gestuelle et son style, à la capoeira brésilienne est tout à fait juste. De même qu’à La Réunion, ce sont des esclaves d’Afrique, importés au Brésil, qui ont amené avec eux leur tradition de cet art guerrier. La capoeira et le moring sont deux arts martiaux issus des méthodes de combat et de danses africains. Ces pratiques se sont construites en opposition à la société esclavagiste de l’époque. De nombreux fans, africains ou non, cultivent encore ces traditions de nos jours.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *